Comment choisir son mouillage ?

S’équiper d’un mouillage est obligatoire pour toute embarcation de plaisance. C’est bien beau de le savoir ; encore faut-il équiper son bateau avec pertinence ! Devant l’étendue des éléments à prendre en compte, le choix peut malheureusement s’avérer sinueux, voire opaque.

 

UniverSail vous propose d’y voir un peu plus clair !

 

 

Avant-Propos : un peu de vocabulaire

 

En premier lieu, ce qu’il faut bien comprendre c’est que lorsque l’on évoque communément le « mouillage » ou « l’ancre » on fait en réalité référence à « la ligne de mouillage » qui se compose de l’ancre et de sa chaine, mais aussi de la manille qui relie les deux ensembles, le câblot et son émerillon.

 

Par extension, il faut aussi intégrer l’étalingure (point de fixation de sécurité en bout de chaine ou de câblot) et le point de fixation du bord prévu pour accueillir la ligne de mouillage (bite d’amarrage, taquet).

 

Schéma - Ligne de mouillage

 

 

Une défaillance d’un seul de ces éléments et toute l’efficacité du mouillage est réduite à néant. Il ne faut donc en négliger aucun !

 

 

1/ L’ancre

 

a) Les critères du choix

 

Le choix d’une ancre dépend avant tout de la taille, du poids, et du type de bateau ; mais doit aussi être adapté aux conditions de mouillage généralement rencontrées (durée, type de fonds, conditions de mer et de vent, courants). La taille de la baille à mouillage de votre bateau influence aussi le choix dans la mesure où elle limite la taille maximale possible de l’ancre.

 
Une ancre est caractérisée par :

Son poids (qui assure la pénétration dans le sol)

Sa forme (qui assure la tenue une fois en position)

 

L’efficacité d’une ancre est fonction de sa pénétration et de sa tenue : en théorie, l’ancre doit pouvoir pénétrer le fond aussi rapidement et profondément que possible, indépendamment du type de fond ; puis, elle ne doit pas chasser, quelques soient les conditions atmosphériques.

 

Malheureusement, l’ancre parfaite, qui s’accroche et tient partout dans n’importe quelles conditions, n’existe pas ! Pour bien choisir son ancre il faut par conséquent trouver la bonne combinaison entre la taille, la forme et le poids de l’ancre pour un bateau donné et une zone de navigation donnée.

 

IMPORTANT : Une ancre est un élément de sécurité essentiel à bord d’un bateau. Comme souvent avec le matériel de sécurité, le prix parait toujours trop cher au moment de l’achat mais, lorsque le bateau dérape vers les rochers, il est trop tard pour regretter la somme d’argent économisée sur le prix d’achat.

 

 

b) Les différentes formes d’ancre :

 

Il existe une multitude de formes d’ancre !

 

Ancres modernes
 
Nous proposons ici de se concentrer sur celles communément utilisées dans le cadre de la plaisance :
 

L’ancre à plateau ou « Fortress » : C’est la plus utilisée. Elle a une tenue important sur fonds meubles (sable, vase) mais elle n’aime pas les fonds durs.

Avantage : comme elle est plate, elle a pour avantage de se ranger facilement.

Inconvénient : Ne se replante pas en cas de décrochage. Dérape assez facilement en cas de courant fort.

 

L’ancre à bascule ou « Hall » : C’est la plus grosses ancre que l’on peut trouver. Ce type d’ancre se sert de son poids pour aider à creuser le fond. Elle convient alors aussi aux fonds durs et rocheux.

Avantage : compatible avec tous les fonds.

Inconvénient : son poids important, et les difficultés de manipulation qui en résultent.

 

L’ancre charrue « CQR » (1) : Populaire pour les petits bateaux (< 8m), elle a d’excellentes caractéristiques de tenue dans le sable, la boue, et les herbiers. Avec la tension, elle creuse les fonds pour y former un sillon profond où elle se loge.

Avantage : maniable, facile à « mouiller » et à remonter, peut se replanter d’elle même si elle a par malheur décroché temporairement.

Inconvénient : très sensible aux conditions de mer (houle, renverses de courant)

 

L’ancre charrue « Delta » (3) : De conception récente, elle est semblable au CQR mais est rigide. D’une construction très robuste, son centre de gravité remarquablement bas lui permet de s’enfouir dès qu’elle touche le fond.

Avantage : facile à mouiller et à remonter, peut se replanter d’elle même si elle a par malheur décroché temporairement.

Inconvénient : nécessite une grande baille à mouillage

 

Le grappin : Il constitue plutôt une ancre de réserve mais peut être utilisé sur de petites embarcations pour se stabiliser pour une courte durée.

Avantage : Maniable, peu encombrante.

Inconvénient : Faible tenue. Incompatible avec des conditions de mer difficiles. Ne peut être utilisé que pour des mouillages de courte durée

 

 

c) Le poids de l’ancre :

 

Pour les ancres détaillées ci-dessus, voici un tableau faisant la correspondance entre la taille du bateau et le poids de l’ancre à équiper :

 

Tableau poids ancre

 

NB : Comme expliqué précédemment, les poids indiqués ici doivent faire l’objet d’adaptations en fonction de la forme d’ancre choisie, du type de bateau et du type de conditions généralement rencontrées.

 

Exemple : En cas de gréement important ou de larges superstructures, il est conseillé d’augmenter de 25% le poids de base indiqué !

 

Dans le doute, toujours appliquer la règle « qui peut le plus, peut le moins ». Rappelons que la sécurité du bord est en jeu !
 

2/ La chaine

 

a) La longueur de chaine

 

D’un point de vue réglementaire, la chaine doit faire au minimum 8m. Objectivement, cela n’est suffisant que pour les embarcations de petites tailles effectuant des mouillages de courtes durées par temps calme.

 

Afin d’assurer une meilleure tenue de l’ancre, il est préférable d’en prévoir davantage car c’est le poids de la chaine qui assure le maintien en position de l’ancre. Une chaine trop courte priverait l’ancre de la traction horizontale dont elle a besoin pour tenir correctement.

 

Plus le bateau est grand et lourd, plus la chaine doit être longue. On prévoira aussi davantage de chaine si l’on mouille généralement dans des secteurs agités.

 

Par ailleurs, certains types d’ancre nécessitent une chaine plus longue (exemple : les Delta et CQR) car si l’angle de traction est trop « vertical » l’ancre décroche.

 

Tableau Longueur Chaine Ancre

 

 

b) Le diamètre des mailles

 

Vocabulaire : Comme souvent, le marin n’utilise pas la langue française comme tout le monde. Pour lui, le « maillon » est l’unité de longueur de la chaine (1 maillon = 30m de chaine) ; les « mailles » sont les éléments composant la chaine.

 

Comme précédemment, le diamètre des mailles doit être proportionnel au poids bateau :

 

 

Tableau Diamètre chaine

 

 ATTENTION : Si vous avez un guindeau, vérifiez toujours avant l’achat d’une chaine que ses mailles sont compatibles avec votre guindeau

 

c) La manille

 

La manille reliant l’ancre à la chaine doit toujours avoir un diamètre supérieur aux mailles de la chaine (car à diamètre identique, la manille a une résistance à la rupture moindre). Ainsi, si vous avez une chaine de diamètre 10, optez pour une manille de diamètre 12, et ainsi de suite.

 

Cette manille doit être à vis, et doté d’un frein constitué d’un fil d’acier inox (cf. schéma ci-dessous). Il faut périodiquement vérifier l’état de la manille et de son frein. Toute déformation ou corrosion excessive entraine l’obligation de changer la manille.

 

NB : l’acier inox est aussi fragile que le verre en cas de déformation ou de corrosion !

 

Manille Ancre

 

 

 

3/ Le câblot

 

Comme tout bout, le câblot peut être constitué de fibres naturelles (chanvres, jute) ou de fibres synthétiques (polypropylène, nylon, polyester). Au moment du choix, on prend en compte la résistance à l’eau, l’élasticité, la résistance à l’abrasion et aux différents efforts mécaniques (cisaillement, torsion, fatigue).

 

a) La longueur du câblot

 

Toute ligne de mouillage doit réglementairement mesurer au moins 5 fois la longueur du bateau. La longueur du câblot dépend donc de la longueur de votre bateau et de la longueur que vous avez choisie pour votre chaine.

 

                   Lcablot = Lbateau x 5 – Lchaine

 

Afin de se réserver la possibilité de mouiller dans des eaux plus profondes, il peut être opportun de prévoir un câblot plus long que ce que prévoit la loi a minima. Tout dépend de votre programme de navigation.

 

b) Le diamètre du câblot

 

Comme pour l’ancre et la chaine, le diamètre du câblot est proportionnel au poids du bateau :

 

Tableau Diamètre cablot

 

 

c) L’émerillon et la cosse

 

 

Emerillon Ancre  Cosse Ancre

 

La présence d’un émerillon est essentielle afin d’éviter toute torsion du câblot, qui réduit sa solidité lorsqu’il est en tension. Comme la manille, l’émerillon doit avoir un diamètre supérieur au diamètre des mailles de la chaine. Lorsque celui est déformé, rongé, ou que la rotation est bloquée, il faut changer l’émerillon.

 

La cosse n’est pas obligatoire mais prolonge considérablement la durée de vie de la ligne de mouillage car elle limite les frictions du câblot avec l’émerillon. Facile à installer (une épissure surliée suffit), c’est élément peut coûteux et très efficace.

 

Tableau récapitulatif :

 

Tableau Ligne de mouillage

 

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  1. Merci pour ces informations, des conseils très pratiques car en effet l’ancre joue un très grand rôle pour le navire. Il n’est jamais à négliger pour assurer la sécurité du navire.

  2. Bonjour
    Ayant un guindeau prévu pour remonter une chaîne ,pouvez vous me dire comment remonter le cablot ?
    Merci d’avance